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Malaucène

 

 Situé au nord du Vaucluse, non loin de la Drôme méridionale, Malaucène est un beau village provençal installé à 350 m d’altitude, au pied du versant nord du Mont Ventoux, dont il constitue la principale porte d’entrée. À 9 km au sud de Vaison-la-Romaine et à 18 km au nord de Carpentras, Malaucène se trouve à moins de 50 km de la gare TGV et de l’aéroport d’Avignon, et à 30 km de l’autoroute A7.

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Malaucène, commune du Vaucluse au pied du Mont Ventoux

2750 Habitants

 

 

Texte rédigé par Paul Peyre, professeur à la retraite.

Malaucène est le fruit de trois composantes géologiques :

• une masse calcaire d’origine secondaire, surélevée à l’ère tertiaire : c’est le Ventoux, ainsi que toutes les collines qui forment le pourtour du bassin de Malaucène. Là se trouvaient les pâturages, les zones de chasse et de récolte du bois ; aujourd’hui le tourisme a investi les lieux, faisant de notre village la porte royale pour gravir, à pied ou en voiture, les flancs de la montagne.

• une cuvette d’âge tertiaire, ancien fond marin où s’est déposée une molasse jaunâtre, le safre, dont l’ancien nom provençal (la malaussena) est à l’origine du nom de notre village. Là se sont établies les fermes, avec leurs vergers et leurs cultures de céréales.

• la source du Groseau, enfin, à laquelle Malaucène doit non seulement l’agrément de son climat et de ses paysages, mais aussi sa prospérité de naguère. Prospérité agricole d’abord : de la source jusqu’aux confins du village en direction de Vaison, les bas-fonds n’étaient autrefois que prairies où s’épanouissait au printemps la blanche parure du narcisse des poètes (la corba-dòna) ; malheureusement, l’irrésistible pression de l’urbanisation fait inéluctablement disparaître ce type de paysage. Prospérité industrielle ensuite : le Groseau, canalisé dès le XVI° siècle, faisait encore tourner, à la fin du XIXe, les roues d’une douzaine de  » fabriques « .

Préhistoire

Les premiers Malaucéniens connus à ce jour sont des hommes du Neandertal qui vécurent au quartier de la Baume voici quelque 40.000 ou 50.000 ans (paléolithique moyen : moustérien ).

Mais c’est à la fin du néolithique et au chalcolithique (3.000 – 1.500 av. J.-C.) que le territoire de Malaucène devient un lieu de vie important : en effet le silex des combes de Veaux, détaché de la roche à l’aide de maillets en quartzite, est alors l’objet d’une exploitation intense.

Protohistoire

Les siècles qui précédèrent la colonisation romaine (IV°, III° et II° av. J.-C.) voient les envahisseurs celtes se mêler aux anciennes populations ligures. Se développe alors la civilisation dite des oppida : ainsi désigne-t-on ces habitats perchés dont Malaucène offre un bel exemple avec l’oppidum de Clairier. De la même époque date une intéressante dédicace au dieu Graselos, le Groseau divinisé.

Époque gallo-romaine

À la conquête romaine (125 av. J.-C.), Malaucène fut intégrée à la confédération des Voconces, dont elle représentait la frontière méridionale. Les vestiges de cette époque sont rares, mais la proximité de Vaison (l’une des deux capitales de la confédération) laisse supposer une présence gallo-romaine importante. D’ailleurs, c’est au Groseau que la cité voconce s’approvisionnait en eau : des traces d’aqueduc subsistent çà et là.

Le haut moyen âge

Les invasions germaniques précipitent la chute de l’empire romain (476) : Burgondes, Ostrogoths puis Francs mérovingiens dominent tour à tour notre région. En fait le pouvoir appartient surtout à l’Église, et particulièrement aux évêques : c’est d’ailleurs celui de Vaison, Petronius, qui, en 684, fonde le monastère du Groseau.

Les invasions sarrasines, arrêtées à Poitiers en 732, servent à Charles Martel de prétexte pour asseoir la future dynastie carolingienne. En Provence, cela ne va pas sans de sévères conflits avec les seigneurs locaux, qui trouvent dans les Arabes des alliés utiles : c’est sans doute lors d’un de ces conflits que fut détruit le monastère du Groseau ( 739).

Après un siècle de relative stabilité, l’empire carolingien se désagrège : ainsi naît, en 879, le royaume d’Arles (ou de Provence) dont Malaucène fait partie et qui, en 1032, sera incorporé au Saint-Empire romain germanique.

Les comtes de Toulouse

En 1125, la partie rhodanienne au nord de la Durance, sans pour autant quitter l’Empire, entre dans la mouvance du comte de Toulouse : ainsi est créé le Comtat Venaissin.

C’est l’époque du renouveau évangélique et du grand art roman. En 1059, l’évêque de Vaison Pierre de Mirabel fonde une nouvelle fois le monastère du Groseau, qui sera agrandi au XII° siècle et dont il ne subsiste aujourd’hui que la chapelle.

Le village, jusqu’alors contenu à l’intérieur de la partie que dessinent la grand-rue (partie haute) et la rue Chaberlin, s’agrandit aux dimensions qu’on lui connaît aujourd’hui, ce qui nécessite la construction de nouveaux remparts (XIII°). Une petite forteresse avec tours de guet (le  » Calvaire  » actuel) complète le système de défense.

Mais cette époque est aussi celle où les contrées méridionales (Occitanie) développent une civilisation originale : littérature (troubadours), spiritualité (valdisme et catharisme), politique ( instauration des pouvoirs communaux, les universitats). Tout cela ne plaît pas aux pouvoirs centraux (roi de France, pape) qui lancent la sanglante  » Croisade contre les Albigeois  » (1208), où une garnison de Malaucène se bat aux côtés du comte de Toulouse.

Le temps des papes d’Avignon

Après la défaite du comte de Toulouse, le Comtat passe entre les mains du pape (1274); il le restera plus de cinq siècles. C’est à cette époque sans doute que l’on construit (ou reconstruit) l’église de Malaucène, qui demeurera longtemps inachevée.

En 1309, Clément V s’installe à Avignon. Mais la ville est petite, malsaine, surpeuplée, et le magnifique palais des papes n’existe pas encore. Aussi le souverain pontife décide-t-il de passer ses étés au monastère du Groseau, qui s’en trouve alors agrandi et embelli.

Un peu plus tard, en 1336, Pétrarque, le grand poète florentin qui réside à Avignon, décide de faire la montée du Ventoux à partir de Malaucène, où il passera trois nuits. On sait qu’en 1348, la belle Laure de Noves est emportée par la peste noire, qui sévit partout et n’a pas épargné Malaucène.

À un malheur succédant un autre, des bandes de mercenaires issues des armées de la guerre de Cent ans sillonnent et pillent le pays : occasion, pour Malaucène, de refaire ses remparts (voir sur la Porte Chaberlin, l’inscription de 1373)

Le Comtat sans les papes

En 1415 est déposé le dernier pape d’Avignon. L’administration du Comtat est alors confiée à un légat, mais ce sont les  » consuls  » qui gèrent l’essentiel de la vie quotidienne. Beaucoup de familles italiennes, liées à l’administration papale, s’installent chez nous.

Après plus d’un siècle de relative tranquillité, l’année 1560 voit éclater les conflits engendrés par les guerres de religion. Et notre village, situé aux confins du Comtat (terre catholique s’il en fut !) et du Dauphiné (terre protestante) va subir pendant dix ans les assauts des uns et des autres. Pour l’exemple, la tête du protestant Gauthier Geymard, décapité à Carpentras, restera longtemps exposée au portail Soubeyran.

Mais le seizième siècle est aussi un moment de grands progrès. Sur le Groseau nouvellement canalisé s’installent plusieurs  » fabriques  » : une papeterie (1557), un moulin à huile…

Le dix-septième siècle paraît au contraire être un long temps de stagnation. Certes, chapelles et congrégations religieuses se multiplient. Mais les textes nous donnent l’impression que le village est alors assez délaissé, assez misérable. Il n’en va pas de même au siècle suivant, où Malaucène prend le visage qui est le sien aujourd’hui. L’église est enfin terminée (1709) ; la forteresse est démantelée; les portes de la ville sont élargies ; l’esplanade de l’église est aménagée, avec les platanes qu’on y voit encore… Et c’est à cette époque que l’on construit la plupart des belles demeures qu’on rencontre au hasard des rues.

La Révolution

Après un hiver 1788-1789 catastrophique (gel, disette…), la tourmente révolutionnaire vient frapper aux portes du Comtat. Si l’idée du rattachement fait assez facilement son chemin (Malaucène le vote à l’unanimité le 16 janvier 1791), en revanche l’adhésion aux idées révolutionnaires partage le pays en deux courants opposés : le sud, avec Avignon, prend le parti de la Révolution; le nord, avec Carpentras et l’Union de Sainte-Cécile, y est hostile. Et Malaucène, qui a plutôt les yeux tournés vers Avignon, n’adhère à l’Union que sous la pression des armes (17 avril 1791).

Le rattachement à la France est ratifié le 14 septembre 1791, et le nord du Comtat (avec Malaucène) est intégré au département de la Drôme. C’est seulement en 1793 que sera créé le département du Vaucluse.

La révolution industrielle

Au cours du XIXe siècle, le village se pare d’habits neufs : démolition des remparts et percement des impasses ; construction de lavoirs et de fontaines ; agrandissement du cours aux dimensions actuelles (1860) …

Mais c’est l’époque, aussi, où Malaucène devient une véritable cité industrielle. Du Groseau jusqu’à la sortie vers Vaison, une douzaine de  » fabriques  » utilisent la force de l’eau : papeterie, moulin d’huile, moulins à farine, moulins à foulon, martinet à cuivre… Dès 1890, une usine fournit le village en électricité. Et il ne faut pas moins de trois filatures pour extraire la soie des cocons qui font alors la richesse de la campagne environnante.

Une reconversion difficile

De toutes ces activités industrielles, il ne reste aujourd’hui que la papeterie… En revanche l’agriculture a su s’adapter aux nouvelles exigences économiques, et le paysage agricole se modifie complètement au cours du XXe siècle : les vergers et les vignes remplacent les céréales, les mûriers, la garance… Aussi Malaucène peut-elle encore se lancer dans de grands travaux d’intérêt collectif : groupe scolaire (1933), adduction d’eau (1955), nouvelle mairie (1966)… Mais ici comme ailleurs,les nuages s’amoncellent dans les dernières décennies du XXe siècle. L’agriculture n’ayant plus le vent en poupe, c’est sur le tourisme qu’on mise désormais. Et ce qui n’était auparavant qu’activité marginale (le ski, par exemple, qui profita de la construction de la route du Ventoux en 1932) devient désormais le premier des enjeux économiques.

 

 

Le plan du village

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