Témoin privilégié de notre histoire et de note identité

Edifice de caractère, imposant et magnifique, l'église saint Michel a été classée monument historique par arrêté du 4 novembre 1982. C'est à la fin du XIIIème siècle que débuta sa construction dont on attribue l'origine au pape Clément V. Les travaux restent inachevés au milieu du XIVème siècle, seules les quatre premières travées occidentales ayant été construites.

La fortification de l'église (XIVème, XVIème)

Le Grand Schisme d'Occident (fin XIVème - début XVème), puis les guerres de religion laissent le Sud de la France dans un climat politique et religieux instable. Cette période d'incertitude a des conséquences sur Malaucène qui fortifie son église : mâchicoulis à l'Ouest, casemates en façade Sud, chemin de ronde....

En 1433, des travaux sont exécutés sur les portes de la ville et sur l'église pour faire, semble-t-il (ou refaire) sur 25 mètres de long les " guachili " (ce terme peut désigner un chemin de ronde à merlons et créneaux qui devient une sorte de bretèche à mâchicoulis au dessus de la porte de l'église.) 

En 1560, on mure la grande porte et on construit une porte située en façade Nord. Mais la ville est prise par les Huguenots qui profanent les tombeaux et pillent l'église et son mobilier. Ils y établissent leur culte, ce qui lui évita es destructions plus importantes. Ils quittent finalement la ville sous la pression des troupes royales et pontificales. " (Cf. Thèse Francesco Flavigny)

En 1579, on construit pour des raisons de défense des casemates au Sud de l'église, entre l'espace des contreforts. Ces structures étaient sans doute complétées par une coursive à merlons et créneaux. (Cf. Joseph Guinier historien de la Ville de Malaucène au XVIIIème siècle)

En 1635, on rouvre la grande porte occidentale (Cf. Thèse Francesco Flavigny).

La chronologie des travaux entrepris de la fin du XIVème jusqu'au début du XVIème n'est pas facile à établir, toutefois la majeure partie des installations de fortifications pourraient avoir été en place dès la première moitié du XVème. Deux styles constructifs peuvent être observés pour ces éléments de fortification. Le premier représenté par le mâchicoulis situé en façade Ouest, dont le style soigné peut s'apparenter au XIVème. Le deuxième, très rustique, préservé au droit des casemates de la façade Sud, pourrait correspondre aux travaux entrepris en 1433.

Les XVIIème et XVIIIème siècles

Après de nombreuses discussions et projets, l'église Saint-Michel est finalement agrandie au début du XVIIIème. On poursuit la nef par une cinquième travée et on construit le chœur avec déambulatoire. La disette de 1709 et des problèmes avec les entrepreneurs stoppent le chantier provoquant en 1711 l'effondrement de la voûte de la cinquième travée.

La consécration a finalement lieu le 29 avril 1714. A la fin du XVIIIème siècle, les deux versants de toiture donnent sa forme définitive à l'église. Cet édifice construit conserve le principe des églises à nef unique, en berceau brisé, fréquentes en Provence.

L'église Saint-Michel domine le bourg et forme l'angle des murs d'enceinte. Le plan présente une grande régularité de distribution. Le vaisseau principal compte 5 travées délimitées par 4 puissants contreforts délimités par des chapelles ouvertes par de grandes arcades sur la nef. Le clocher est implanté sur la travée au Nord.

La couverture du chœur et de la nef est constituée de dalles de pierre calcaire de Beaumont-du-Ventoux. Celle du clocher, certainement en pierre à l'origine, a ensuite été revêtue d'une couverture en tuiles canal vernissées de couleur verte. Au XXème siècle, les tuiles ont été remplacées par des ardoises de fibrociment posées sur la diagonale. Lors des travaux de 1975, faute de moyens pour restituer la couverture en pierre, une dalle de béton lisse a été réalisée, assurant l'étanchéité du clocher jusqu'à maintenant.

Eglise Saint Michel en image